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Histoire 7
Histoire 7
Hemley Boum

1/ L’auto-stoppeur de Bois Joli

Théo : Je fais partie d’un programme scientifique appelé Projet Anticipation, qui consiste à modifier des évènements du passé pour améliorer l’avenir. Et je voyage dans le temps.
Vieille mère et ses sœurs m’ont sauvé la vie. Elles étaient les scientifiques les plus brillantes et les plus en avance de leur époque. Lorsqu’elles ont compris que le monde ne survivrait pas à la folie des puissants, elles ont construit au cœur du désert du Sahara, dans un bunker à plus de cent mètres sous terre, une ville protégée où elles accueillent et forment les voyageurs comme moi.
Notre mission est de retourner dans le passé, avant le Grand Effondrement pour sauver les personnes qui par leur bonté, leur ouverture aux autres, leur esprit libre et créatif rendaient le monde plus harmonieux et plus juste. Vieille mère et les sœurs les appelaient Les Vulnérables. Elles faisaient le pari que s’ils étaient nombreux, Les Vulnérables pourraient influencer le cours de l’histoire et empêcher le Grand Effondrement.
Cette fois, je devais sauver Max, un garçon qui vivait dans un village appelé Bois Joli. Cette mission n’était pas ordinaire pour moi, je connaissais Bois Joli car je venais moi aussi de ce village. Ma famille y vivait encore et c’est là que j’étais mort.
Dans le bunker que nous appelions juste la Cité, nous ne vieillissions plus. Vieille mère et les sœurs avaient trouvé un sérum pour arrêter l’usure des corps. Nous conservions la même apparence pour toujours. Pour moi c’était celle d’un garçon de seize ans.
La mission Max est allée au-delà de mes espérances.

Max : J’ai grandi dans un village appelé Bois Joli avec une vieille église au centre, la mairie en face, plusieurs petits commerces Ça c’est pour la grande place. Autour, il y a le village, des forêts immenses, une rivière mystérieuse et un cimetière où reposent des personnes qui ont été aimées et le demeurent.
J’ai quatorze ans, j’aime le judo et je suis plutôt bon. Pas Teddy Riner mais assez pour que le petit club de Bois Joli me dirige vers celui plus compétitif de…appelons le Grande Ville.
Pour aller à Grande Ville, il n’y a qu’un bus toutes les heures, si on le rate, tant pis. Il faut que je vous dise quelque chose à mon propos : je suis tête en l’air. Ma mère, dans ses bons jours dit que je suis rêveur et quand elle est agacée, qu’elle n’a jamais vu quelqu’un d’aussi désorganisé que moi. Mais je compense depuis si longtemps que c’est devenu un réflexe chez moi. Je suis expert en plans B improbables. Ma vie est un chemin de traverse, j’ai lu quelque part qu’on appelait aussi cela chemin d’opportunité : les routes qui se tracent dans l’herbe, la caillasse ou la terre parce que quelqu’un a dû s’inventer une trajectoire inédite.
Pour moi, le chemin d’opportunité a été l’auto-stop.
La première fois, un monsieur s’est arrêté. Je venais de rater mon bus, et je levais le pouce au bord de la route sans grande conviction quand cet homme a ralenti jusqu’à moi : « Je te dépose ? » Ce jour-là, j’étais avec un garçon de mon âge croisé à l’abris-bus, il m’a dit qu’il s’appelait Théo. La minute d’avant, je le défiais : « Viens on tente l’auto-stop. »
J’ai dit à l’homme : « vous pouvez prendre mon copain aussi, on va au même endroit. » mais quand je me suis retourné, Théo s’était volatilisé alors que j’aurais juré qu’il courrait juste derrière moi.
Le chauffeur m’a expliqué qu’il venait rendre visite à son fils tous les jours à cette heure-ci. Il avait l’air triste, j’ai pensé à une histoire de divorce compliqué. Je ne savais pas comment réagir à ce chagrin d’adulte, j’étais plus à l’aise quand on a commencé à parler de notre adoration commune pour Teddy Riner.

Histoire 7
Les 3e du collège Colette (Saint-Priest)

2/ Piégée dans un cauchemar éternel

Sur la banquette arrière du taxi, je regardais défler le paysage par la fenêtre.
L’atmosphère était lourde et pesante, la tristesse du chaufeur était peut-être
contagieuse… L’air s’était épaissi d’une poussière rouge, une tempête de sable, un
phénomène de plus en plus fréquent depuis le Grand Efondrement. Il fallait, alors, se
couvrir le visage pour ne pas s’étoufer. Teddy Riner avait-il encore du sens dans ce monde
où nous errions tous ? Je ne l’écoutais plus, trop occupée à réféchir à la manière de nous
en sortir. Ses mots n’arrivaient plus jusqu’à moi. Il arrêta la voiture soudainement.
« On est arrivé ! » me dit-il.
Je sortis quelques pièces de ma poche, les lui remis, il partit sans même me jeter un
regard. Tout autour de moi, pas un signe de vie, pas un seul mouvement, cette ville,
autrefois si vivante, avait sombré dans le silence. Je marchai sans savoir où aller, les
grandes avenues désertées laissèrent la place à de petites ruelles sinueuses. Et là, je la
vis, une petite porte dérobée qui menait à un hall où se trouvait, en plein milieu,
simplement un ordinateur allumé.
L’écran bleue captait toute mon attention, des cartons vides avaient été jetés au sol,
sûrement par les personnes qui avaient fui ce lieu dans la précipitation. Les sirènes qui
nous avaient tous alertés du Grand Efondrement avaient semé une telle panique que la
ville s’était vidée en peu de temps. Des objets abandonnés rappelaient qu’il n’en avait pas
toujours été ainsi. Je me saisis du clavier et me mis à enchaîner des séries de chifres et
de lettres. La joie m’envahit quand je pus déverrouiller le système, je venais de craquer le
mot de passe. La page qui s’ouvrit alors me ft frissonner, j’étais dans le dark web. Un
message énigmatique s’afichait :
 Nombre : 75
 Explosifs : 300
 Tanks : 3
Je compris alors que je n’avais rien à faire là.
Courir, fuir le plus loin possible, mon instinct de survie me poussait à partir en courant.
Une seule idée m’obsédait, il me fallait retrouver Hua. De toutes celles qui se sont
engagées avec moi dans le projet Anticipation, elle était la première qui avait cru en moi,
la première à me soutenir quand j’avais afirmé que nous ne nous laisserions pas faire,
que nous ne pouvions pas accepter ce nouvel ordre établi, que le monde ne pouvait
s’éteindre sans que nous ne nous battions pour lui. C’est avec elle que tout avait donc
commencé : ensemble, nous avions imaginé la machine à remonter le temps, ensemble,
nous pourrions aider les Vulnérables. Deux d’entre eux nous étaient apparus, un soir, au
coucher du soleil, réfugiés sur le toit des habitations de la ville. Leur détresse nous avait
émues, nous ne voulions pas voir s’éteindre l’espoir qu’ils portaient en eux.
Je me sentis submergée par une vague de peur. Et si cet écran était un portail ? Et si la clé
résidait sur cet écran ?
Toutes les années passées à concevoir cette machine, tout ce temps de dur labeur ne
pouvaient pas n’avoir servi à rien. Je sentis mes mains trembler, puis tout mon corps. Ma
vue et mon ouïe se troublèrent, et, juste avant que je ne comprenne, je fus aspirée par le
portail.
Lorsque je rouvris les yeux, je vis le monde d’avant. Odeur de poudre, rues délabrées, ciel
enveloppé d’une couleur verdâtre, comme pour nous piéger dans un cauchemar éternel.
Je sentis le soufle d’une explosion, puis plus rien…

Histoire 7
Les 3e5 du collège Joliot-Curie (Bron)

3/ Un sentiment retrouvé

Je marchais dans le quartier général des adolescents de la ville, la Cité perdue, et je regardais au loin, absorbé dans mes pensées. De lointains souvenirs refaisaient surface et m’envahissaient : ma famille, mes amis du club de judo... Soudain j’entendis un bruit sourd, semblable à celui d’une explosion.
Ma première réaction fut de regarder autour de moi : partout des blessés, mais personne ne semblait réagir. Les explosions se produisaient de plus en plus fréquemment ces temps-ci. Elles étaient devenues si banales, que les habitants étaient devenus indifférents à cette violence. Toutefois cette explosion me paraissait différente, étrange, plus puissante.
Soudain il me sembla distinguer au loin une personne qui s’approchait des blessés pour leur porter secours. Il restait donc une bribe d’humanité au milieu de ce monde en ruines !
Puis mon regard se porta sur la droite : le souffle puissant de l’explosion avait rasé de nombreuses maisons déjà délabrées. Puis il y eut de nouvelles secousses. Un brouillard épais et suffocant commençait à se répandre. Je respirais avec difficulté, mes yeux coulaient. Je tentai péniblement de continuer mon chemin et d’échapper à ce spectacle apocalyptique. Cependant, mi-surpris, mi-curieux, je ne pouvais tout à fait détacher mes yeux de cette personne qui, là-bas, relevait les blessés. Elle portait une sorte d’armure d’une technologie inconnue. Qui pouvait-elle bien être ?
Un objet tombé d’une maison atterrit soudain sur ma tête. Ma vision se brouilla. La dernière image que je vis fut cette femme à la silhouette étrange qui s’approchait de moi. Apeuré, j’esquissai un geste de recul, mais mes yeux se fermaient malgré moi. Lentement, je sombrai dans l’inconnu.
Une vive douleur au bras gauche me fit ouvrir les yeux. Mes tempes bourdonnaient, ma tête était comme prise dans un étau. La femme que j’observervais tout à l’heure était là, penchée au-dessus de moi. Elle me parlait, mais je n’entendais pas ses paroles. Ses yeux brillaient si étrangement, si tendrement aurait-on dit, qu’ils me faisaient oublier l’armure inquiétante qu’elle portait.. Derrière elle, l’atmosphère était toujours chaotique, le ciel rempli de noirceur. Mais son regard était si doux, si apaisant, que bientôt le calme se fit en moi.
– Je m’appelle Sol, dit-elle. N’aie pas peur, tu vas t’en sortir.
En disant cela, elle me releva et m’aida à marcher jusqu’à un abri. C’était une ancienne pharmacie désaffectée.
Un souvenir très intense me traversa alors : je connaissais ce lieu, j’y étais venu petit avec ma mère. Comme tout y était différent aujourd’hui ! La pièce était plongée dans l’obscurité. Plus aucun médicament sur les rayons, des flacons brisés au sol, des emballages éventrés... Il me semble qu’autrefois c’était bien là que les gens venaient chercher de quoi se soigner, demander conseil. L’atmosphère y était alors si chaleureuse...
Appuyé contre l’épaule de cette femme inconnue, je retrouvais tout un monde de sensations enfouies. C’était la première fois depuis bien longtemps que quelqu’un se souciait de moi. L’émotion était si forte que je ne pus retenir mes larmes.
– Je sais ce que tu ressens, dit Sol. C’est un lieu qui te rappelle des souvenirs, pas vrai ?
– Oui, mais c’est aussi vous qui me rappelez quelque chose. Quand j’étais petit, ma mère s’occupait de moi avec la même tendresse que vous le faites à présenti. Je n’ai presque plus aucun souvenir d’elle car elle est morte quand j’avais cinq ans. À vrai dire, je ne me souviens même plus de son visage ni de sa voix, mais je me rappelle la sensation de sa main sur la mienne quand j’étais malade. Malgré la fièvre, malgré la fatigue, j’étais bien, je me sentais rassuré, en sécurité... Jamais plus jusqu’à ce jour je n’avais ressenti cela...
– Ce souvenir que tu gardes en toi, c’est la chose la plus précieuse que tu possèdes. Prends en soin.
Je la regardai avec étonnement. Elle continua : « Oui, cet amour, c’est de cela dont le monde d’aujourd’hui a besoin. Tu dois transformer ta nostalgie en force ».
Cette parole résonna en moi. Je comprenais à présent quel était mon but et pourquoi elle m’avait choisi, moi, plutôt qu’un autre parmi les blessés de ce jour-là : je devais faire renaître tout autour de moi ce sentiment d’empathie et de solidarité. C’était là désormais ma mission.

Histoire 7
Les 3e4 du collège des Gratte-Ciel Môrice Leroux (Villeurbanne)

4/ L’espoir

Je compris que je ne pouvais plus attendre.
J’avais bien compris mon but et pourquoi c’était moi et pas un autre blessé qu’elle avait choisi. Elle avait été touchée et je savais quelle était ma mission. Cette parole resterait en moi toute ma vie.
Un sentiment que je n’avais pas ressenti depuis longtemps est revenu en moi ce jour-là.
Ma mission désormais serait de lutter contre le harcèlement et d’accompagner les personnes qui avaient besoin d’être aidées. En espérant que je saurais inciter d’autres personnes à poursuivre cet objectif. Un carnet à la main, je notai discrètement les noms des élèves qui ne pourraient pas retrouver l’espérance sans mon intervention.
Je me souvins alors d’un nom : Amélia.
Je la revis, seule, dans la cour, moquée pour sa capuche et ses yeux différents. À l’époque, je n’avais rien fait. Mais aujourd’hui, ce n’était plus possible.
Je me mis à la chercher, partout, tout le temps, parcourant les rues de la ville sans relâche. Mon cœur battait vite. Je savais bien que j’allais rencontrer des difficultés au cours de mon parcours, mais je devais la retrouver, car c’était ça, le changement.
Mais soudain, lors d’une de mes balades, rien ne se passa comme prévu.
Je sentis une étrange odeur, elle me brûla les narines, je sentis ma tête tourner. Par miracle, je trouvai un abri éloigné de tout, une sorte de bunker.
À l’intérieur, je vis d’autres personnes présentes. Je supposais que c’étaient d’autres vulnérables, comme moi. C’est alors que je compris ce dont elle parlait.
Quand j’arrivai sur les lieux, je remarquai de grands nuages de fumée, tout était ravagé. Je demandai à Sol une explication :
— Comment un jeune garçon comme moi peut aider une telle apocalypse ?
— Ne te mets pas une telle pression, on est là pour t’aider.
Grâce à ses mots, je repris un peu confiance en moi.
Une explosion retentit. Nous fûmes projetés au sol. En reprenant mes esprits, je vis le corps de Chloé. J’appelai Sol et les autres. Leurs regards se remplirent de larmes.
À cet instant, j’ai compris que tout pouvait basculer.
Mais aussi que tout pouvait commencer.
Pour la première fois, quelqu’un fit un pas vers l’autre.
Je repensai à Amélia. Je la trouvai enfin, recroquevillée près des escaliers.
Je m’approchai.
— Ça va ?
Elle leva les yeux, surprise. Personne ne lui parlait jamais.
Ce n’était qu’un petit geste, mais il changeait tout.
D’autres personnes s’arrêtèrent. Certains hésitèrent. Puis, lentement, quelqu’un d’autre fit un pas. Puis un autre.
Ce monde délabré n’était pas le mien mais le deviendrait si nous ne changions rien.
Alors je décidai de parler. De raconter. De ne plus me taire.
J’expliquai alors que ce ne serait pas la force qui sauverait le monde, mais la solidarité. La force brute ne suffit pas, elle ne sert qu’à diviser les gens entre eux.
Ce n’est pas l’intelligence non plus, c’est bien grâce à la solidarité et à l’empathie que la situation pourrait s’arranger.
Après toutes les péripéties que j’avais traversées, je réussis enfin à retourner à mon époque. Le futur avait réellement changé. La Terre avait été sauvée.
Mais quelque chose en moi avait changé aussi.
L’homme est cupide, sans amour ni vie rien ne pourra jamais arrêter la voracité de l’homme… sauf si nous décidons d’agir autrement.
Aujourd’hui, je ne suis plus seul.
Je ne suis plus le même.
Et pour la première fois…
Je crois que le monde peut changer.

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Les 3e4 du collège des Gratte-Ciel Môrice Leroux (Villeurbanne)

5/ L’espoir

J’ai compris que je ne pouvais plus attendre.
J’avais bien compris mon but et pourquoi c’était moi et pas un autre blessé qu’elle avait choisi. Elle avait été touchée et je savais quelle était ma mission. Cette parole resterait en moi toute ma vie.
Un sentiment que je n’avais pas ressenti depuis longtemps revint en moi ce jour-là.
Ma mission désormais serait de lutter contre le harcèlement et d’accompagner les personnes qui avaient besoin d’être aidées. En espérant que je saurais inciter d’autres personnes à poursuivre cet objectif. Un carnet à la main, je notais discrètement les noms des élèves qui ne pourraient pas retrouver l’espérance sans mon intervention.
Je me souvins alors d’un nom : Amélia.
Je la revis, seule, dans la cour, moquée pour sa capuche et ses yeux différents. À l’époque, je n’avais rien fait. Mais aujourd’hui, ce n’était plus possible.
Je me mis à la chercher, partout, tout le temps, parcourant les rues de la ville sans relâche. Mon cœur battait vite. Je savais bien que j’allais rencontrer des difficultés au cours de mon parcours, mais je devais la retrouver, car c’était ça, le changement.
Mais soudain, lors d’une de mes balades, rien ne se passa comme prévu.
Je sentis une étrange odeur, elle me brûla les narines, je sentis ma tête tourner. Par miracle, je trouvai un abri éloigné de tout, une sorte de bunker.
À l’intérieur, je vis d’autres personnes présentes. Je supposais que c’étaient d’autres Vulnérables, comme moi. C’est alors que je compris ce dont elle parlait.
Quand j’arrivai sur les lieux, je remarquai de grands nuages de fumée, tout était ravagé. Je demandai à Sol une explication :
« Comment un jeune garçon comme moi peut aider une telle apocalypse ?
— Ne te mets pas une telle pression, on est là pour t’aider. »
Grâce à ses mots, je repris un peu confiance en moi.
Une explosion retentit. Nous fûmes projetés au sol. En reprenant mes esprits, je vis le corps de Chloé. J’appelai Sol et les autres. Leurs regards se remplirent de larmes.
À cet instant, j’ai compris que tout pouvait basculer.
Mais aussi que tout pouvait commencer.
Pour la première fois, quelqu’un fit un pas vers l’autre.
Je repensai à Amélia. Je la trouvai enfin, recroquevillée près des escaliers.
Je m’approchai.
« Ça va ? »
Elle leva les yeux, surprise. Personne ne lui parlait jamais.
Ce n’était qu’un petit geste, mais il changeait tout.
D’autres personnes s’arrêtèrent. Certains hésitèrent. Puis, lentement, quelqu’un d’autre fit un pas. Puis un autre.
Ce monde délabré n’était pas le mien mais le deviendrait si nous ne changions rien.
Alors je décidai de parler. De raconter. De ne plus me taire.
J’expliquai alors que ce ne serait pas la force qui sauverait le monde, mais la solidarité. La force brute ne suffit pas, elle ne sert qu’à diviser les gens entre eux.
Ce n’est pas l’intelligence non plus, c’est bien grâce à la solidarité et à l’empathie que la situation pourrait s’arranger.
Après toutes les péripéties que j’avais traversées, je réussis enfin à retourner à mon époque. Le futur avait réellement changé. La Terre avait été sauvée.
Mais quelque chose en moi avait changé aussi.
L’homme est cupide, sans amour ni vie rien ne pourra jamais arrêter la voracité de l’homme… sauf si nous décidons d’agir autrement.
Aujourd’hui, je ne suis plus seul.
Je ne suis plus le même.
Et pour la première fois…
Je crois que le monde peut changer.

Histoire 7
Hemley Boum

1/ L’auto-stoppeur de Bois Joli

Théo : Je fais partie d’un programme scientifique appelé Projet Anticipation, qui consiste à modifier des évènements du passé pour améliorer l’avenir. Et je voyage dans le temps.
Vieille mère et ses sœurs m’ont sauvé la vie. Elles étaient les scientifiques les plus brillantes et les plus en avance de leur époque. Lorsqu’elles ont compris que le monde ne survivrait pas à la folie des puissants, elles ont construit au cœur du désert du Sahara, dans un bunker à plus de cent mètres sous terre, une ville protégée où elles accueillent et forment les voyageurs comme moi.
Notre mission est de retourner dans le passé, avant le Grand Effondrement pour sauver les personnes qui par leur bonté, leur ouverture aux autres, leur esprit libre et créatif rendaient le monde plus harmonieux et plus juste. Vieille mère et les sœurs les appelaient Les Vulnérables. Elles faisaient le pari que s’ils étaient nombreux, Les Vulnérables pourraient influencer le cours de l’histoire et empêcher le Grand Effondrement.
Cette fois, je devais sauver Max, un garçon qui vivait dans un village appelé Bois Joli. Cette mission n’était pas ordinaire pour moi, je connaissais Bois Joli car je venais moi aussi de ce village. Ma famille y vivait encore et c’est là que j’étais mort.
Dans le bunker que nous appelions juste la Cité, nous ne vieillissions plus. Vieille mère et les sœurs avaient trouvé un sérum pour arrêter l’usure des corps. Nous conservions la même apparence pour toujours. Pour moi c’était celle d’un garçon de seize ans.
La mission Max est allée au-delà de mes espérances.

Max : J’ai grandi dans un village appelé Bois Joli avec une vieille église au centre, la mairie en face, plusieurs petits commerces Ça c’est pour la grande place. Autour, il y a le village, des forêts immenses, une rivière mystérieuse et un cimetière où reposent des personnes qui ont été aimées et le demeurent.
J’ai quatorze ans, j’aime le judo et je suis plutôt bon. Pas Teddy Riner mais assez pour que le petit club de Bois Joli me dirige vers celui plus compétitif de…appelons le Grande Ville.
Pour aller à Grande Ville, il n’y a qu’un bus toutes les heures, si on le rate, tant pis. Il faut que je vous dise quelque chose à mon propos : je suis tête en l’air. Ma mère, dans ses bons jours dit que je suis rêveur et quand elle est agacée, qu’elle n’a jamais vu quelqu’un d’aussi désorganisé que moi. Mais je compense depuis si longtemps que c’est devenu un réflexe chez moi. Je suis expert en plans B improbables. Ma vie est un chemin de traverse, j’ai lu quelque part qu’on appelait aussi cela chemin d’opportunité : les routes qui se tracent dans l’herbe, la caillasse ou la terre parce que quelqu’un a dû s’inventer une trajectoire inédite.
Pour moi, le chemin d’opportunité a été l’auto-stop.
La première fois, un monsieur s’est arrêté. Je venais de rater mon bus, et je levais le pouce au bord de la route sans grande conviction quand cet homme a ralenti jusqu’à moi : « Je te dépose ? » Ce jour-là, j’étais avec un garçon de mon âge croisé à l’abris-bus, il m’a dit qu’il s’appelait Théo. La minute d’avant, je le défiais : « Viens on tente l’auto-stop. »
J’ai dit à l’homme : « vous pouvez prendre mon copain aussi, on va au même endroit. » mais quand je me suis retourné, Théo s’était volatilisé alors que j’aurais juré qu’il courrait juste derrière moi.
Le chauffeur m’a expliqué qu’il venait rendre visite à son fils tous les jours à cette heure-ci. Il avait l’air triste, j’ai pensé à une histoire de divorce compliqué. Je ne savais pas comment réagir à ce chagrin d’adulte, j’étais plus à l’aise quand on a commencé à parler de notre adoration commune pour Teddy Riner.

Histoire 7
Les 3e du collège Colette (Saint-Priest)

2/ Piégée dans un cauchemar éternel

Sur la banquette arrière du taxi, je regardais défler le paysage par la fenêtre.
L’atmosphère était lourde et pesante, la tristesse du chaufeur était peut-être
contagieuse… L’air s’était épaissi d’une poussière rouge, une tempête de sable, un
phénomène de plus en plus fréquent depuis le Grand Efondrement. Il fallait, alors, se
couvrir le visage pour ne pas s’étoufer. Teddy Riner avait-il encore du sens dans ce monde
où nous errions tous ? Je ne l’écoutais plus, trop occupée à réféchir à la manière de nous
en sortir. Ses mots n’arrivaient plus jusqu’à moi. Il arrêta la voiture soudainement.
« On est arrivé ! » me dit-il.
Je sortis quelques pièces de ma poche, les lui remis, il partit sans même me jeter un
regard. Tout autour de moi, pas un signe de vie, pas un seul mouvement, cette ville,
autrefois si vivante, avait sombré dans le silence. Je marchai sans savoir où aller, les
grandes avenues désertées laissèrent la place à de petites ruelles sinueuses. Et là, je la
vis, une petite porte dérobée qui menait à un hall où se trouvait, en plein milieu,
simplement un ordinateur allumé.
L’écran bleue captait toute mon attention, des cartons vides avaient été jetés au sol,
sûrement par les personnes qui avaient fui ce lieu dans la précipitation. Les sirènes qui
nous avaient tous alertés du Grand Efondrement avaient semé une telle panique que la
ville s’était vidée en peu de temps. Des objets abandonnés rappelaient qu’il n’en avait pas
toujours été ainsi. Je me saisis du clavier et me mis à enchaîner des séries de chifres et
de lettres. La joie m’envahit quand je pus déverrouiller le système, je venais de craquer le
mot de passe. La page qui s’ouvrit alors me ft frissonner, j’étais dans le dark web. Un
message énigmatique s’afichait :
 Nombre : 75
 Explosifs : 300
 Tanks : 3
Je compris alors que je n’avais rien à faire là.
Courir, fuir le plus loin possible, mon instinct de survie me poussait à partir en courant.
Une seule idée m’obsédait, il me fallait retrouver Hua. De toutes celles qui se sont
engagées avec moi dans le projet Anticipation, elle était la première qui avait cru en moi,
la première à me soutenir quand j’avais afirmé que nous ne nous laisserions pas faire,
que nous ne pouvions pas accepter ce nouvel ordre établi, que le monde ne pouvait
s’éteindre sans que nous ne nous battions pour lui. C’est avec elle que tout avait donc
commencé : ensemble, nous avions imaginé la machine à remonter le temps, ensemble,
nous pourrions aider les Vulnérables. Deux d’entre eux nous étaient apparus, un soir, au
coucher du soleil, réfugiés sur le toit des habitations de la ville. Leur détresse nous avait
émues, nous ne voulions pas voir s’éteindre l’espoir qu’ils portaient en eux.
Je me sentis submergée par une vague de peur. Et si cet écran était un portail ? Et si la clé
résidait sur cet écran ?
Toutes les années passées à concevoir cette machine, tout ce temps de dur labeur ne
pouvaient pas n’avoir servi à rien. Je sentis mes mains trembler, puis tout mon corps. Ma
vue et mon ouïe se troublèrent, et, juste avant que je ne comprenne, je fus aspirée par le
portail.
Lorsque je rouvris les yeux, je vis le monde d’avant. Odeur de poudre, rues délabrées, ciel
enveloppé d’une couleur verdâtre, comme pour nous piéger dans un cauchemar éternel.
Je sentis le soufle d’une explosion, puis plus rien…

Histoire 7
Les 3e5 du collège Joliot-Curie (Bron)

3/ Un sentiment retrouvé

Je marchais dans le quartier général des adolescents de la ville, la Cité perdue, et je regardais au loin, absorbé dans mes pensées. De lointains souvenirs refaisaient surface et m’envahissaient : ma famille, mes amis du club de judo... Soudain j’entendis un bruit sourd, semblable à celui d’une explosion.
Ma première réaction fut de regarder autour de moi : partout des blessés, mais personne ne semblait réagir. Les explosions se produisaient de plus en plus fréquemment ces temps-ci. Elles étaient devenues si banales, que les habitants étaient devenus indifférents à cette violence. Toutefois cette explosion me paraissait différente, étrange, plus puissante.
Soudain il me sembla distinguer au loin une personne qui s’approchait des blessés pour leur porter secours. Il restait donc une bribe d’humanité au milieu de ce monde en ruines !
Puis mon regard se porta sur la droite : le souffle puissant de l’explosion avait rasé de nombreuses maisons déjà délabrées. Puis il y eut de nouvelles secousses. Un brouillard épais et suffocant commençait à se répandre. Je respirais avec difficulté, mes yeux coulaient. Je tentai péniblement de continuer mon chemin et d’échapper à ce spectacle apocalyptique. Cependant, mi-surpris, mi-curieux, je ne pouvais tout à fait détacher mes yeux de cette personne qui, là-bas, relevait les blessés. Elle portait une sorte d’armure d’une technologie inconnue. Qui pouvait-elle bien être ?
Un objet tombé d’une maison atterrit soudain sur ma tête. Ma vision se brouilla. La dernière image que je vis fut cette femme à la silhouette étrange qui s’approchait de moi. Apeuré, j’esquissai un geste de recul, mais mes yeux se fermaient malgré moi. Lentement, je sombrai dans l’inconnu.
Une vive douleur au bras gauche me fit ouvrir les yeux. Mes tempes bourdonnaient, ma tête était comme prise dans un étau. La femme que j’observervais tout à l’heure était là, penchée au-dessus de moi. Elle me parlait, mais je n’entendais pas ses paroles. Ses yeux brillaient si étrangement, si tendrement aurait-on dit, qu’ils me faisaient oublier l’armure inquiétante qu’elle portait.. Derrière elle, l’atmosphère était toujours chaotique, le ciel rempli de noirceur. Mais son regard était si doux, si apaisant, que bientôt le calme se fit en moi.
– Je m’appelle Sol, dit-elle. N’aie pas peur, tu vas t’en sortir.
En disant cela, elle me releva et m’aida à marcher jusqu’à un abri. C’était une ancienne pharmacie désaffectée.
Un souvenir très intense me traversa alors : je connaissais ce lieu, j’y étais venu petit avec ma mère. Comme tout y était différent aujourd’hui ! La pièce était plongée dans l’obscurité. Plus aucun médicament sur les rayons, des flacons brisés au sol, des emballages éventrés... Il me semble qu’autrefois c’était bien là que les gens venaient chercher de quoi se soigner, demander conseil. L’atmosphère y était alors si chaleureuse...
Appuyé contre l’épaule de cette femme inconnue, je retrouvais tout un monde de sensations enfouies. C’était la première fois depuis bien longtemps que quelqu’un se souciait de moi. L’émotion était si forte que je ne pus retenir mes larmes.
– Je sais ce que tu ressens, dit Sol. C’est un lieu qui te rappelle des souvenirs, pas vrai ?
– Oui, mais c’est aussi vous qui me rappelez quelque chose. Quand j’étais petit, ma mère s’occupait de moi avec la même tendresse que vous le faites à présenti. Je n’ai presque plus aucun souvenir d’elle car elle est morte quand j’avais cinq ans. À vrai dire, je ne me souviens même plus de son visage ni de sa voix, mais je me rappelle la sensation de sa main sur la mienne quand j’étais malade. Malgré la fièvre, malgré la fatigue, j’étais bien, je me sentais rassuré, en sécurité... Jamais plus jusqu’à ce jour je n’avais ressenti cela...
– Ce souvenir que tu gardes en toi, c’est la chose la plus précieuse que tu possèdes. Prends en soin.
Je la regardai avec étonnement. Elle continua : « Oui, cet amour, c’est de cela dont le monde d’aujourd’hui a besoin. Tu dois transformer ta nostalgie en force ».
Cette parole résonna en moi. Je comprenais à présent quel était mon but et pourquoi elle m’avait choisi, moi, plutôt qu’un autre parmi les blessés de ce jour-là : je devais faire renaître tout autour de moi ce sentiment d’empathie et de solidarité. C’était là désormais ma mission.

Histoire 7
Les 3e4 du collège des Gratte-Ciel Môrice Leroux (Villeurbanne)

4/ L’espoir

Je compris que je ne pouvais plus attendre.
J’avais bien compris mon but et pourquoi c’était moi et pas un autre blessé qu’elle avait choisi. Elle avait été touchée et je savais quelle était ma mission. Cette parole resterait en moi toute ma vie.
Un sentiment que je n’avais pas ressenti depuis longtemps est revenu en moi ce jour-là.
Ma mission désormais serait de lutter contre le harcèlement et d’accompagner les personnes qui avaient besoin d’être aidées. En espérant que je saurais inciter d’autres personnes à poursuivre cet objectif. Un carnet à la main, je notai discrètement les noms des élèves qui ne pourraient pas retrouver l’espérance sans mon intervention.
Je me souvins alors d’un nom : Amélia.
Je la revis, seule, dans la cour, moquée pour sa capuche et ses yeux différents. À l’époque, je n’avais rien fait. Mais aujourd’hui, ce n’était plus possible.
Je me mis à la chercher, partout, tout le temps, parcourant les rues de la ville sans relâche. Mon cœur battait vite. Je savais bien que j’allais rencontrer des difficultés au cours de mon parcours, mais je devais la retrouver, car c’était ça, le changement.
Mais soudain, lors d’une de mes balades, rien ne se passa comme prévu.
Je sentis une étrange odeur, elle me brûla les narines, je sentis ma tête tourner. Par miracle, je trouvai un abri éloigné de tout, une sorte de bunker.
À l’intérieur, je vis d’autres personnes présentes. Je supposais que c’étaient d’autres vulnérables, comme moi. C’est alors que je compris ce dont elle parlait.
Quand j’arrivai sur les lieux, je remarquai de grands nuages de fumée, tout était ravagé. Je demandai à Sol une explication :
— Comment un jeune garçon comme moi peut aider une telle apocalypse ?
— Ne te mets pas une telle pression, on est là pour t’aider.
Grâce à ses mots, je repris un peu confiance en moi.
Une explosion retentit. Nous fûmes projetés au sol. En reprenant mes esprits, je vis le corps de Chloé. J’appelai Sol et les autres. Leurs regards se remplirent de larmes.
À cet instant, j’ai compris que tout pouvait basculer.
Mais aussi que tout pouvait commencer.
Pour la première fois, quelqu’un fit un pas vers l’autre.
Je repensai à Amélia. Je la trouvai enfin, recroquevillée près des escaliers.
Je m’approchai.
— Ça va ?
Elle leva les yeux, surprise. Personne ne lui parlait jamais.
Ce n’était qu’un petit geste, mais il changeait tout.
D’autres personnes s’arrêtèrent. Certains hésitèrent. Puis, lentement, quelqu’un d’autre fit un pas. Puis un autre.
Ce monde délabré n’était pas le mien mais le deviendrait si nous ne changions rien.
Alors je décidai de parler. De raconter. De ne plus me taire.
J’expliquai alors que ce ne serait pas la force qui sauverait le monde, mais la solidarité. La force brute ne suffit pas, elle ne sert qu’à diviser les gens entre eux.
Ce n’est pas l’intelligence non plus, c’est bien grâce à la solidarité et à l’empathie que la situation pourrait s’arranger.
Après toutes les péripéties que j’avais traversées, je réussis enfin à retourner à mon époque. Le futur avait réellement changé. La Terre avait été sauvée.
Mais quelque chose en moi avait changé aussi.
L’homme est cupide, sans amour ni vie rien ne pourra jamais arrêter la voracité de l’homme… sauf si nous décidons d’agir autrement.
Aujourd’hui, je ne suis plus seul.
Je ne suis plus le même.
Et pour la première fois…
Je crois que le monde peut changer.

Histoire 7
Les 3e4 du collège des Gratte-Ciel Môrice Leroux (Villeurbanne)

5/ L’espoir

J’ai compris que je ne pouvais plus attendre.
J’avais bien compris mon but et pourquoi c’était moi et pas un autre blessé qu’elle avait choisi. Elle avait été touchée et je savais quelle était ma mission. Cette parole resterait en moi toute ma vie.
Un sentiment que je n’avais pas ressenti depuis longtemps revint en moi ce jour-là.
Ma mission désormais serait de lutter contre le harcèlement et d’accompagner les personnes qui avaient besoin d’être aidées. En espérant que je saurais inciter d’autres personnes à poursuivre cet objectif. Un carnet à la main, je notais discrètement les noms des élèves qui ne pourraient pas retrouver l’espérance sans mon intervention.
Je me souvins alors d’un nom : Amélia.
Je la revis, seule, dans la cour, moquée pour sa capuche et ses yeux différents. À l’époque, je n’avais rien fait. Mais aujourd’hui, ce n’était plus possible.
Je me mis à la chercher, partout, tout le temps, parcourant les rues de la ville sans relâche. Mon cœur battait vite. Je savais bien que j’allais rencontrer des difficultés au cours de mon parcours, mais je devais la retrouver, car c’était ça, le changement.
Mais soudain, lors d’une de mes balades, rien ne se passa comme prévu.
Je sentis une étrange odeur, elle me brûla les narines, je sentis ma tête tourner. Par miracle, je trouvai un abri éloigné de tout, une sorte de bunker.
À l’intérieur, je vis d’autres personnes présentes. Je supposais que c’étaient d’autres Vulnérables, comme moi. C’est alors que je compris ce dont elle parlait.
Quand j’arrivai sur les lieux, je remarquai de grands nuages de fumée, tout était ravagé. Je demandai à Sol une explication :
« Comment un jeune garçon comme moi peut aider une telle apocalypse ?
— Ne te mets pas une telle pression, on est là pour t’aider. »
Grâce à ses mots, je repris un peu confiance en moi.
Une explosion retentit. Nous fûmes projetés au sol. En reprenant mes esprits, je vis le corps de Chloé. J’appelai Sol et les autres. Leurs regards se remplirent de larmes.
À cet instant, j’ai compris que tout pouvait basculer.
Mais aussi que tout pouvait commencer.
Pour la première fois, quelqu’un fit un pas vers l’autre.
Je repensai à Amélia. Je la trouvai enfin, recroquevillée près des escaliers.
Je m’approchai.
« Ça va ? »
Elle leva les yeux, surprise. Personne ne lui parlait jamais.
Ce n’était qu’un petit geste, mais il changeait tout.
D’autres personnes s’arrêtèrent. Certains hésitèrent. Puis, lentement, quelqu’un d’autre fit un pas. Puis un autre.
Ce monde délabré n’était pas le mien mais le deviendrait si nous ne changions rien.
Alors je décidai de parler. De raconter. De ne plus me taire.
J’expliquai alors que ce ne serait pas la force qui sauverait le monde, mais la solidarité. La force brute ne suffit pas, elle ne sert qu’à diviser les gens entre eux.
Ce n’est pas l’intelligence non plus, c’est bien grâce à la solidarité et à l’empathie que la situation pourrait s’arranger.
Après toutes les péripéties que j’avais traversées, je réussis enfin à retourner à mon époque. Le futur avait réellement changé. La Terre avait été sauvée.
Mais quelque chose en moi avait changé aussi.
L’homme est cupide, sans amour ni vie rien ne pourra jamais arrêter la voracité de l’homme… sauf si nous décidons d’agir autrement.
Aujourd’hui, je ne suis plus seul.
Je ne suis plus le même.
Et pour la première fois…
Je crois que le monde peut changer.